Retraite : et si vous pouviez partir jusqu’à 6 mois plus tôt ?

Depuis le 1er septembre 2026, le calendrier de la réforme des retraites de 2023 est partiellement aménagé. Pour certains agents territoriaux, cette évolution peut avancer la date de départ de plusieurs mois et réduire le nombre de trimestres nécessaires.

Contexte

Mais elle comporte aussi un effet moins favorable pour certains parents. UNSAgglo fait le point.

La réforme des retraites de 2023 n’a pas été abrogée. Le principe du relèvement progressif de l’âge légal jusqu’à 64 ans demeure. En revanche, la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a ralenti cette progression pour certaines générations.

Ces nouvelles règles sont désormais applicables aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. L’article 105 de la loi du 30 décembre 2025 et les décrets n° 2026-344 et n° 2026-345 du 7 mai 2026 ont procédé aux adaptations nécessaires, notamment pour les fonctionnaires affiliés à la CNRACL. Légifrance (https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/articlejo/JORFARTI000053227007?init=true&page=1&query=loi+2025-199&searchField=ALL&tabselection=all)

Pour les agents concernés, l’enjeu est loin d’être théorique : une simulation réalisée il y a quelques mois peut aujourd’hui être dépassée.

Impact pour les catégories sédentaires et actives

Pour les fonctionnaires territoriaux relevant de la catégorie sédentaire, la CNRACL confirme les nouveaux paramètres suivants pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. CNRACL (https://www.cnracl.retraites.fr/employeur/droits-et-demande-de-pension/conditions-de-depart-la-retraite/depart-lage-legal-categorie-sedentaire)

Date de naissance · Âge légal désormais applicable · Durée d’assurance requise · Évolution par rapport au calendrier de 2023 1964 · 62 ans et 9 mois · 170 trimestres · jusqu’à 3 mois plus tôt et 1 trimestre en moins 1er janvier au 31 mars 1965 · 62 ans et 9 mois · 170 trimestres · jusqu’à 6 mois plus tôt et 2 trimestres en moins 1er avril au 31 décembre 1965 · 63 ans · 171 trimestres · 3 mois plus tôt et 1 trimestre en moins 1966 · 63 ans et 3 mois · 172 trimestres · 3 mois plus tôt 1967 · 63 ans et 6 mois · 172 trimestres · progression maintenue 1968 · 63 ans et 9 mois · 172 trimestres · progression maintenue 1969 et après · 64 ans · 172 trimestres · âge cible inchangé

C’est donc notamment pour les agents nés au premier trimestre 1965 que l’écart est le plus significatif : leur âge légal est ramené de 63 ans et 3 mois à 62 ans et 9 mois, soit six mois d’activité potentiellement évités lorsque toutes les autres conditions de liquidation sont réunies.

Attention cependant : atteindre l’âge légal ne signifie pas nécessairement pouvoir partir avec une pension à taux plein. La durée d’assurance, la carrière tous régimes confondus, les éventuelles bonifications, les périodes incomplètes et la situation individuelle restent déterminantes.

Pourquoi parle-t-on de « suspension » et non d’abrogation ?

Le mot peut prêter à confusion.

La réforme de 2023 reste en vigueur. L’objectif final de 64 ans et 172 trimestres n’est pas supprimé. Ce qui change est la vitesse à laquelle certaines générations atteignent ces paramètres.

Autrement dit, le calendrier est décalé ou ralenti, mais il n’est pas effacé.

C’est une nuance importante : un agent né en 1964 ou en 1965 peut bénéficier d’un changement concret de sa date de départ, alors qu’un agent appartenant à une génération plus récente restera progressivement soumis aux paramètres les plus élevés.

Les modifications ne concernent pas uniquement les emplois sédentaires.

La CNRACL a également adapté les paramètres applicables aux fonctionnaires occupant ou ayant occupé un emploi effectivement classé en catégorie active, c’est-à-dire un emploi présentant un risque particulier ou des fatigues exceptionnelles.

Dans la fonction publique territoriale, la CNRACL cite notamment certains emplois de police municipale, de sapeurs-pompiers professionnels ou encore certains emplois particulièrement exposés. Mais l’appartenance à la catégorie active ne se déduit pas simplement du fait d’exercer un métier donné : elle dépend du classement réglementaire de l’emploi, des fonctions effectivement exercées et de la durée de services actifs accomplie. CNRACL (https://www.cnracl.retraites.fr/actif/ma-future-retraite/departs-anticipes/depart-anticipe-pour-categorie-active)

Pour les agents de Roissy Pays de France susceptibles de relever de cette catégorie, une vérification individuelle du relevé de carrière est donc particulièrement importante.

La même logique vaut pour les situations dites super-actives, qui répondent à des règles spécifiques et beaucoup plus restrictives.

Carrières longues et effet sur la surcote parentale

Autre conséquence importante : le dispositif de carrière longue évolue également.

Les bornes permettant de déterminer si un agent a commencé suffisamment jeune restent globalement inchangées. En revanche, le nombre de trimestres cotisés exigés est réduit pour certaines générations.

Pour un agent né en 1964, la durée requise passe par exemple de 171 à 170 trimestres. Pour un agent né entre janvier et mars 1965, elle passe de 172 à 170 trimestres. Pour les agents nés entre avril et décembre 1965, elle est ramenée à 171 trimestres. CNRACL (https://www.cnracl.retraites.fr/actif/ma-future-retraite/departs-anticipes/depart-anticipe-pour-carriere-longue)

Cela peut paraître marginal sur le papier. Dans un dossier réel, un ou deux trimestres peuvent pourtant faire toute la différence entre être éligible ou devoir attendre plusieurs mois supplémentaires.

La CNRACL intègre par ailleurs, pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026, certains droits familiaux dans la durée d’assurance cotisée permettant l’accès à la carrière longue, dans la limite de deux trimestres. Sont notamment concernés certains trimestres accordés au titre de la naissance, de l’éducation, de l’adoption ou du congé parental. CNRACL (https://www.cnracl.retraites.fr/actif/ma-future-retraite/departs-anticipes/depart-anticipe-pour-carriere-longue)

Pour les agents ayant commencé à travailler jeunes et auxquels il manquait jusqu’ici quelques trimestres, une nouvelle étude du dossier est donc pleinement justifiée.

Mais il existe aussi un perdant : la surcote parentale.

L’évolution n’est pas favorable sur tous les plans.

La réforme de 2023 avait instauré une surcote parentale permettant, sous certaines conditions, d’améliorer la pension des agents ayant eu ou élevé des enfants et ayant déjà atteint la durée d’assurance requise.

Or ce dispositif suppose notamment que l’âge à partir duquel la surcote de droit commun peut intervenir soit au moins égal à 63 ans.

C’est précisément là que la nouvelle règle produit un effet paradoxal.

Les agents nés en 1964 et ceux nés entre le 1er janvier et le 31 mars 1965 voient leur âge ramené à 62 ans et 9 mois. Ils peuvent donc potentiellement partir plus tôt… mais ils sortent simultanément du champ de la surcote parentale.

La CNRACL le confirme expressément : pour ces deux populations, la surcote parentale ne s’applique plus aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. CNRACL (https://www.cnracl.retraites.fr/employeur/actualites/impact-de-la-suspension-de-la-reforme-sur-la-surcote-parentale)

Cela ne signifie pas qu’aucune surcote n’est plus possible. Un agent remplissant les conditions du taux plein et poursuivant son activité au-delà de son âge légal peut toujours acquérir une surcote de droit commun, actuellement de 1,25 % par trimestre entier supplémentaire dans les conditions prévues par les textes. CNRACL (https://www.cnracl.retraites.fr/actif/ma-future-retraite/montant-de-ma-pension/la-surcote-parentale)

Mais la stratégie de départ peut donc changer selon la situation de chaque agent.

Actualisation des simulations et démarche individuelle

Une simulation faite avant septembre 2026 doit-elle être revue ?

Pour les générations concernées, oui, cela mérite au minimum une nouvelle vérification.

Une estimation réalisée sur la base de l’ancien calendrier peut contenir une date d’ouverture des droits devenue obsolète, une durée d’assurance supérieure à celle désormais requise ou une appréciation différente du droit à carrière longue.

La CNRACL a mis à jour ses services et ses tableaux pour tenir compte de ces nouveaux paramètres. CNRACL (https://www.cnracl.retraites.fr/actif/actualites/suspension-de-la-reforme-des-retraites-ce-qui-change-au-1er-septembre-2026)

Un agent qui envisage un départ prochain ne devrait donc pas se contenter d’une simulation ancienne.

Vous êtes concerné ? Le bon réflexe

Si vous êtes né autour des générations concernées, si vous avez commencé à travailler jeune, si vous avez exercé dans un emploi classé actif ou si une simulation de retraite vous a déjà été remise, faites actualiser votre situation avant d’arrêter votre date de départ.

Chaque carrière reste individuelle : changement de régime, temps partiel, interruptions, enfants, services actifs, périodes contractuelles ou périodes accomplies dans plusieurs régimes peuvent modifier le résultat.

Intervention et accompagnement par UNSAgglo

Pour UNSAgglo, la modification réglementaire doit maintenant se traduire concrètement dans l’information délivrée aux agents.

Nous demanderons que les situations déjà identifiées comme proches d’un départ soient examinées au regard des paramètres applicables depuis le 1er septembre 2026, notamment pour les générations 1964, 1965 et 1966.

Une vigilance particulière devra également être portée aux dossiers de carrière longue, aux agents ayant accompli des services susceptibles d’être reconnus en catégorie active, ainsi qu’aux agents concernés par les droits familiaux et la surcote parentale.

Il ne s’agit pas d’annoncer que tous les agents partiront six mois plus tôt.

Il s’agit de s’assurer qu’aucun agent ne travaille plusieurs mois supplémentaires simplement parce que son dossier est resté calculé selon des paramètres qui ne sont plus applicables.

UNSAgglo peut également accompagner ses adhérents dans la lecture de leur situation et dans leurs démarches auprès de l’administration lorsqu’une difficulté est identifiée.

Textes et sources officielles

Article 105 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 ; décrets n° 2026-344 et n° 2026-345 du 7 mai 2026 ; CNRACL, « Suspension de la réforme des retraites : ce qui change au 1er septembre 2026 », « Départ à l’âge légal – catégorie sédentaire », « Départ anticipé pour carrière longue » et « Impact de la suspension de la réforme sur la surcote parentale ». Légifrance (https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/articlejo/JORFARTI000053227007?init=true&page=1&query=loi+2025-199&searchField=ALL&tabselection=all)

UNSAgglo — Roissy Pays de France

Libres Ensemble unsagglo@roissypaysdefrance.fr (mailto:unsagglo@roissypaysdefrance.fr)

Sources

  • Article 105 - LOI n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 (1) - Légifrance — https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/articlejo/JORFARTI000053227007?init=true&page=1&query=loi+2025-199&searchField=ALL&tabselection=all
  • Employeur - Départ à l'âge légal (catégorie sédentaire)- CNRACL - La retraite des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers — https://www.cnracl.retraites.fr/employeur/droits-et-demande-de-pension/conditions-de-depart-la-retraite/depart-lage-legal-categorie-sedentaire
  • Actif - Départ anticipé pour catégorie active- CNRACL - La retraite des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers — https://www.cnracl.retraites.fr/actif/ma-future-retraite/departs-anticipes/depart-anticipe-pour-categorie-active
  • Actif - Départ anticipé pour carrière longue- CNRACL - La retraite des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers — https://www.cnracl.retraites.fr/actif/ma-future-retraite/departs-anticipes/depart-anticipe-pour-carriere-longue
  • Employeur - Impact de la suspension de la réforme sur la surcote parentale- CNRACL - La retraite des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers — https://www.cnracl.retraites.fr/employeur/actualites/impact-de-la-suspension-de-la-reforme-sur-la-surcote-parentale
  • Actif - La surcote parentale- CNRACL - La retraite des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers — https://www.cnracl.retraites.fr/actif/ma-future-retraite/montant-de-ma-pension/la-surcote-parentale
  • Actif - Suspension de la réforme des retraites : ce qui change au 1er septembre 2026- CNRACL - La retraite des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers — https://www.cnracl.retraites.fr/actif/actualites/suspension-de-la-reforme-des-retraites-ce-qui-change-au-1er-septembre-2026

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